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Chronique

Dawes, une brasserie au bout du canal

Lachine, on dirait le bout du monde. C’était bien l’impression des premiers Européens qui jetèrent au XVIIe siècle leurs yeux sur le fleuve à l’ouest de Montréal. Là, le Saint-Laurent semble s’étendre comme une mer s’ouvrant sur l’Orient lointain; on apercevrait presque la Chine et ses richesses même si en fait c’est surtout les fourrures des Pays d’en-Haut et non les soieries chinoises qui faisaient la fortune des marchands du secteur. C’est dans ce poste de traite que l’Anglais Thomas Dawes établit en 1826 sa brasserie.

Par Mathieu Perron, . 5 min de lecture.

Dawes, une brasserie au bout du canal
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Émigrants, fermier et brasseur

En 1811, Thomas Dawes s’installe à la Côte des Argoulets – aujourd’hui Verdun – à l’ouest de la ville de Montréal. Il y cultive la terre. Ayant déjà appris les rudiments du métier de brasseur en Angleterre, Dawes offre ses services à Joseph Chapman, brasseur déjà établi dans les environs.

En 1817, le jeune homme épouse Charlotte Weller. Son patron, Chapman, ainsi qu’un ami, James Ogilivie, sont témoins et apposent leurs signatures sur le contrat de mariage. Les Ogilivie et Dawes semblent entrainer une amitié, car quelques années plus tard, le 21 avril 1826, Thomas Dawes et Archibald Ogilvie, son associé, achètent de Stephen Funchlay une parcelle de terre à Lachine. Les associés projettent d’établir sur ce terrain, d’une superficie de quatre acres de front par 30 de profondeur, une ferme et une brasserie.

Un point de départ stratégique

En 1826, le choix de Lachine se présente comme stratégique. La ville de Montréal compte déjà deux brasseries : l’une fondée par les associés Thomas Loid et John Molson en 1786 tient ses opérations au Pied-du-Courant dans le faubourg Sainte-Marie à l’est de la ville, l’autre se trouve depuis 1809 dans le faubourg opposé, à l’ouest au faubourg des Récollets et est détenu depuis 1818 par un certain Thomas Dunn et ses fils.

Le poste de traite de fourrure de « La Chine » devint au milieu du XIXe siècle l’embouchure d’un des canaux les plus achalandés de l’Amérique du Nord britannique. Montréal est l’un des ports les plus actifs du continent, juste après New York. Lachine est alors le point de passage obligatoire des marchands et des émigrants en partance pour le Haut-Canada et les Grands Lacs. Avant l’ouverture du canal Érié en 1825, même les Américains qui veulent se rendre à Détroit et le territoire du Michigan doivent passer par là avec leur bagage.

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