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Chronique

Les racines d’une tradition de brassage

Par Mathieu Perron, . 5 min de lecture.

Les racines d’une tradition de brassage
Dave Dunford
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Elle nous est familière et pour plusieurs, son évocation nous replonge dans l’enfance. Au temps de la Nouvelle-France et du régime britannique, la boisson recueille les faveurs tant des élites que du peuple. Loin d’être une simple douceur commune, la bière d’épinette fût considérée à une époque comme une nécessité vitale.

Pour certain historien, la boisson qui fût offerte par les Iroquoiens aux hommes de Jacques Cartier lors de l’hivernement de 1535. L’annedda, grâce à son taux élevé de vitamine C, s’avéra un remède salvateur contre le scorbut qui frappait mortellement les hommes. L’apothicaire Louis Hébert, le premier colon permanent au Canada, en aurait fabriqué dès 1617. Il faut dire que les ingrédients principaux étaient des plus accessibles.

Une recette simple

Un mémoire du XVIIIe siècle présentant les ressources des colonies françaises décrit ainsi la méthode de fabrication de la bière d’épinette : « des feuilles de prusses [mot d’ancien français entré dans la langue anglaise au XVIe siècle pour devenir Spruce] dont une poignée, bouillie avec six ou sept pots de mélasse, fait une barrique de bonne bière; c’est la boisson ordinaire des habitants des colonies septentrionales ». Le voyageur N. De Diéreville décrit ainsi son expérience : « quand la fermentation est passée, les matières se rassoient, & l’on boit la liqueur claire qui n’est pas mauvaise ».

On n’hésite pas à ajouter un peu d’eau-de-vie, sirop d’érable ou d’autres ingrédients à la bière pour en rehausser le parfum. Les Acadiens utilisaient du seigle, des pousses de sapin, des pissenlits et des cônes de houblon auxquels ils ajoutaient de l’eau, de la levure et du sucre. La quantité de sucre déterminant le niveau d’alcool obtenu après fermentation.

Une consommation répandue

Le voyageur suédois Pehr Kalm note au milieu du XVIIIe siècle que « c’est une habitude fréquente au Canada d’utiliser cette boisson à la place des autres ». Kalm précise ceci dit que la bière d’épinette « n’est pas aussi répandue que le vin et les personnes de qualité ainsi que les gens riches n’en consomment pas autant que les personnes qui n’ont pas les moyens d’acheter du vin ».

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