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Chronique

La bière : une histoire au féminin

Par Mathieu Perron, . 3 min de lecture.

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Historiquement, les femmes ont joué dans plusieurs cultures et sociétés un rôle central dans le façonnement et la transmission des connaissances brassicoles traditionnelles. Elles continuent encore aujourd’hui de le faire dans plusieurs régions du monde.

Le Québec n’est pas en reste puisque c’est là que Laura Urtnowski, historienne de formation, maître-brasseuse et fondatrice des Brasseurs du Nord; Ellen Bounsell, maître-brasseuse chez McAuslan; Catherine Foster, maître-brasseuse à la Korrigane ainsi que bien d’autres plus anonymes perpétuent les coutumes anciennes.

Quelques auteurs affirment que ce serait des femmes qui, les premières, auraient découvert le processus de la fermentation en oubliant des grains dans de l’eau en Égypte ou quelque part en Mésopotamie. D’autres théories existent, impliquant aussi un peu de négligence, des grains, de l’eau, des levures et une soif intense… L’important, rapporte l’historienne Catherine Ferland, c’est que dans plusieurs sociétés anciennes, qu’elles soient au Proche-Orient ou en Europe, ce sont les femmes qui, durant plusieurs siècles sont en charge des tâches culinaires dont la confection de la bière fait partie intégrante.

C’est une femme, l’abbesse Hildegarde de Bingen, qui découvre au cours du XIIe siècle les vertus prophylactiques et l’amertume que le houblon octroie à la bière. L’anthropologue Bertrand Hell souligne qu’au Moyen Âge les dots octroyées aux épouses incluaient souvent des instruments de brassages. À Londres, avant le XVe siècle, les femmes forment une partie importante de la guilde des brasseurs, seule corporation d’artisan qui, bien que dirigée par des hommes, acceptait la gent féminine dans ses rangs. Les corporations françaises de brasseurs, quant à elles, autorisent les femmes à hériter du droit de maîtrise de leur mari, le plus souvent, spécifie Mme Ferland, sous la condition d’épouser un compagnon brasseur après un délai raisonnable.

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