Un rhum de la Barbade qui sent l’amaretto et les vacances
Code SAQ : 12260299 • 39,75 $ • 700 ml • 40 %
PRÉSENTATION
On a longtemps rangé le rhum de la Barbade dans la case « rhum à cocktail », celui qu’on noie dans la lime et le sucre sans trop y penser. C’est mal connaître l’île, qui se trouve être rien de moins que le berceau du rhum, là où tout a commencé au 17e siècle. Avec ce Grand Terroir 5 ans, la Maison Ferrand-Planteray nous rappelle que la Barbade sait aussi faire dans la finesse et la gourmandise. Le rhum naît à la West Indies Rum Distillery, fondée en 1893, avant d’aller finir son éducation dans les chais français de la maison. Bref, un assemblage qui a du mileage.
LE SAVOIR-FAIRE
Ce qui me plaît chez Planteray, c’est cette signature du double vieillissement (le rhum mûrit à deux endroits plutôt qu’un seul) qui donne sa personnalité à toute la gamme. Ici, on assemble des rhums de colonne et d’alambic à repasse (pot still, l’alambic traditionnel qui concentre les arômes), dans le pur style barbadien. Le liquide passe d’abord trois ans en fûts de bourbon sous le climat tropical de l’île, puis traverse l’Atlantique en bateau — un « vieillissement dynamique » où le roulis brasse le rhum dans le bois. Arrivé en France, il poursuit son chemin dans de petites barriques ex-Ferrand (qui ont contenu du cognac), pour un total de cinq ans. À 40 %, c’est un rhum d’approche facile, qui mise sur la rondeur plutôt que sur la puissance.
LA DÉGUSTATION
Nez — Très aromatique, et franchement enjôleur. Ça s’ouvre sur le fruité et le floral, avec des notes douces de noix de coco grillée, d’abricot et d’amande qui rappellent fortement l’amaretto. Plutôt agréable et un brin enivrant, le genre de verre qu’on a envie de sentir longtemps avant d’y goûter.
Bouche — L’arrivée est douce, relativement riche et onctueuse. La progression ramène les notes perçues au nez — le noyau d’abricot bien en évidence — mais avec en prime des notes d’agrumes et une légère amertume boisée et herbacée. L’ensemble rappelle un brin le sirop tonic, cette tension agréable entre le sucré et l’amer.
Finale — Plutôt longue pour un rhum aussi jeune. La vanille bourbon s’installe, accompagnée d’une muscade douce et d’une écorce d’orange qui prolongent le plaisir. Une finale gourmande, sans lourdeur.
SUGGESTION
Avec ce profil amaretto-abricot-vanille, j’irais vers un accord dessert sans hésiter : une part de gâteau aux amandes ou un sablé, ou mieux, un morceau de chocolat noir Avanaa autour de 70 %. L’amertume du cacao répond à la note herbacée du rhum, pendant que la vanille et la noix de coco font le pont avec le sucré. Pour ceux qui préfèrent le verre haut, glissez-le dans un Jungle Bird (45 ml de rhum, 15 ml de bitter rouge italien, 45 ml de jus d’ananas frais, un trait de lime) : le fruité tropical du rhum y est parfaitement à sa place.
L’APPRÉCIATION
Pour moins de 40 $, c’est un rhum qui en donne pour son argent. Le nez à lui seul vaut le détour, et la bouche tient la promesse sans jamais verser dans le sirupeux ou le trop-sucré qu’on reproche parfois à la catégorie. Ce n’est pas un rhum de méditation qui va vous garder éveillé toute la soirée à décortiquer sa complexité — c’est un plaisir accessible, bien fait, qui plaira autant au curieux qu’à l’amateur aguerri cherchant une valeur sûre pour le quotidien.
La Barbade dans ce qu’elle a de plus gourmand et de plus généreux.
FICHE TECHNIQUE
Présence / Intensité : 4,0 / 5 — Complexe et aromatique
Corps : 3,5 / 5 — Riche et onctueux
Appréciation globale : 4,0 / 5
Photo : Maison Ferrand-Planteray • Code SAQ : 12260299 • 39,75 $ • 40 %





